Outils de recherche

Recherche nominative d’un interné du camp d’Argelès-sur-Mer (1939 - 1941) 

Le Mémorial du camp d'Argelès-sur-Mer ne dispose pas des listes des internés qui se trouvent (pour partie) dans des centres d’archives publiques. Nous proposons toutefois ici un outils méthodologique pour chercher une trace administrative du passage d’un réfugié dans le camp d’Argelès-sur-Mer entre 1939 et 1941. Ce document a été rédigé en collaboration avec les services des Archives Nationales et Archives départementales des Pyrénées-Orientales. Il présente des  fonds partiels qui ne donnent pas l’assurance de retrouver la trace d’un ancien interné mais aident dans la recherche individuelle.

Ces listes et fichiers présentés ci-dessous concernent à peu près 15.000 noms pour la première partie de fonctionnement du camp (février / juin 1939) et plus de 57.000 noms pour la période post octobre 1939. Des liens vers les répertoires alphabétiques des dossiers individuels du Fichier Central ou vers la «base camps » des Pyrénées-Orientales sont accessibles depuis cette page qui ne concerne que la recherche sur le camp d’Argelès-sur-Mer et qui ne vise bien entendu par à l’exhaustivité sur le corpus de tous les internés sur la période 1939-1942 en raison notamment de ruptures archivistiques et de documents non trouvés. Un projet de numérisation d’une partie de ces fonds est en cours afin de pouvoir consulter ces documents dans le cadre d’un centre de ressources du Mémorial. 

 Archives nationales 

Fonds de la direction de la sûreté nationale du ministère de l'Intérieur 

Documents produits par le commissariat spécial du camp d’Argelès-sur-Mer (février 1939 - mai 1940) 
Listes et notices individuelles des réfugiés espagnols et brigadistes transmises au ministère de l'Intérieur par les commissaires spéciaux et les préfets (1939-1940).

Identification des brigadistes internationaux (février, mai 1939) 

  • 19940497/46 dossier 1210. Notices individuelles de brigadistes argentins : notes et notices individuelles, 269 p. 
  • 19940497/46 dossier 1214. Notices individuelles de brigadistes tangérois : notes et notices individuelles, 5 p. 
  • 19940497/46 dossier 1218. Notices individuelles de brigadistes bulgares : notes et notices individuelles, 25 p. 
  • 19940497/46 dossier 1220/1221. Notices individuelles de brigadistes brésiliens : notes et notices individuelles, 53 p. 
  • 19940497/46 dossier 1222. Notices individuelles de brigadistes hongrois : notes et notices individuelles, 182 p. 
  • 19940497/46 dossier 1223. Notices individuelles de brigadistes grecs : notes et notices individuelles, 37 p. 
  • 19940497/46 dossier 1225. Notices individuelles de brigadistes haïtiens : notes et notices individuelles, 9 p. 
  • F/7/14723. Listes des membres des brigades internationales : notes, listes, notices individuelles, 140 p. 
  • F/7/14731. Liste des 510 brigadistes italien, 8 mars 1939, 5 p. 

 Sorties du camp et identifications (Espagnols et internationaux) 1939-1940

F/7/14731. Listes nominatives, notes et notices individuelles (2 février 1939 / 17 mai 1940). Classement quotidien jusqu’au 22 juin 1939. Ces documents contiennent notamment la liste des 364 premiers arrivés au camp du 31 janvier au 2 février 1939, les transferts vers les camps du Champs de Mars (Perpignan), Villeneuve-la-Rivière et de Collioure, les listes de rapatriements (vers Minorque et le Maroc essentiellement pour les Espagnols ainsi que vers la Finlande, l’Angleterre, le Luxembourg, la Hollande, les Etats-Unis, le Canada, l’Angleterre, la Suisse, l’URSS, la Colombie, la Norvège, la Suède, la Yougoslavie pour les brigadistes) et les autorisations individuelles de sorties provisoires et les envois. Cette cote contient aussi la liste nominative des 1100 Espagnols dirigés vers le camp du Vernet le 15 juin 1939. La production reprend en janvier 1940 avec les listes d’Espagnols internés suite au passage de la frontière (janvier / février 1940) puis avec diverses notices et listes.   

Listes des militaires de l'Armée populaire de la République espagnole (mars 1939)

F/7/14731. La Sûreté nationale a fait établir en mars 1939 les listes de réfugiés par les autorités militaires espagnoles du camp. Sont ainsi disponibles les listes des mutilés (camp n°1), des blessés (camp n°2 bis), du génie (camp n°5 bis), du service de santé militaire (camp n°7), de l’aviation (camp n°7) et de l’infanterie (camp n°8). Ces listes nominatives, intéressant environ 12.000 noms sont classés par unités et mentionnent les noms et les grades mais ne précisent pas les états-civils. Ce corpus de document est incomplet puisqu’il manque les personnels de la police et des gardes d’assaut (camp n°2), de la cavalerie (camp n°4), de la DCA (camp n°4 bis) de l'artillerie (camp n°5), des services de l'intendance et des douaniers (camp n°6), de la marine (camp n°6 bis), des fonctionnaires (camp n°7 bis) et de l’infanterie du camp n°3. Sont aussi manquant les effectifs des civils du camp n°8 ainsi que des Basques, des internationaux, des femmes et des enfants.  

Fichier central

Les Archives nationales et Geneanet, premier site français de généalogie, viennent de signer une convention de partenariat permettant la mutualisation et la coordination de l'indexation des registres du Fichier central de la Sûreté nationale. Ce fichier a été constitué entre la fin du XIXe siècle et 1940, et a été restitué à la France par la Russie en 1994 dans le cadre des restitutions des archives dites « fonds de Moscou ». Il est constitué de plus de 2,5 millions de fiches et plus de 630 000 dossiers individuels rassemblés en 1934 par la sûreté nationale en un seul  fichier. Cet outil devait permettre de centraliser les renseignements concernant différents groupes d’individus dont les militants politiques (en particulier communiste et anarchistes) et les étrangers présents sur le territoire.

Deux grandes catégories intéressant directement les étrangers dans ces archives, dont les réfugiés espagnols de 1939, se distinguent. La première regroupe les dossiers du Service central de la carte d’identité des étrangers. La seconde concerne les rapports de la police judiciaire et de la police générale sur les étrangers.  Le « fonds de Moscou » est donc un outils incontournable pour les recherches concernant le passage de réfugiés en France avant juin 1940. Or, il n'existait pas jusqu'alors aux Archives nationales d'outils d'orientation permettant d'accéder facilement, par une recherche nominative, aux 630 000 dossiers individuels. 

La crise sanitaire au printemps 2020 a été l'occasion d'engager au sein des Archives nationales ce projet collaboratif visant à indexer les répertoires alphabétiques pour permettre une recherche nominative et faciliter la consultation des dossiers originaux en salle de lecture à Pierrefitte-sur-Seine.  L'indexation, en cours, est consultable en ligne via la salle des inventaires virtuelle (SIV) des Archives Nationales :

Voir le SIV

Ce fichier est plus connu sous le nom de « fonds de Moscou » qui désigne un important ensemble de fonds d'archives, d'origine privée ou publique, saisies par les forces d'occupation allemandes lors de leur arrivée à Paris en 1940. Transférées dans les territoires du Reich afin d'y être exploitées, ces archives passèrent aux mains de l'Armée Rouge après la capitulation du régime nazi. Elles ont été conservées pendant plus de 50 ans aux Archives spéciales centrales d'État de l'URSS à Moscou. La chute du bloc soviétique permit leur restitution à la France entre 1994 et 2001. Les Archives Nationales conservent plus de 2 km de documents dont 95% proviennent de la direction de la sûreté nationale du ministère de l'Intérieur (aujourd'hui direction générale de la Police nationale). Ce fonds contient notamment le fichier central est né en 1935 de la fusion de tous les fichiers de police constitués depuis le début du XX° siècle par les services de la Sûreté nationale, constitué de fiches alphabétiques d'une part et de dossiers individuels d'autre part. 


Après la saisie du fichier central à Paris en juin 1940, un nouveau fichier central est créé par le secrétariat général à la Police à Vichy au début de l'année 1941. Ce fichier de police administrative comprenant 150 000 dossiers ouverts de 1941 à 1949 est susceptible de renfermer des dossiers relatifs à des Espagnols car il traite notamment de demandes de visa (d’entrée, de sortie et de retour ou de sortie définitive) présentées par des ressortissants français ou étrangers ; de mesures d’internement, de transfert ou de libération de camp d’internement (dont les travailleurs étrangers) ; de mesures d’interdiction de séjour et d’expulsion prises à l’encontre de ressortissants français ou étrangers ; de demandes de recherche dans l’intérêt des familles ou des bulletins de recherche de personnes signalées ; de signalements d'étrangers ayant franchi clandestinement la ligne de démarcation ; ou encore de demandes de laissez-passer à destination de la zone libre. 

Ces dossiers sont librement communicables et consultables à Pierrefitte-sur-Seine. Les dossiers sont classés par ordre alphabétique des noms puis des prénoms puis par ordre croissant des dates de naissance. L'inventaire disponible en ligne indique les 4 premières lettres des noms de famille des dossiers conservés dans chacun des 5356 cartons regroupés en 14 versements différents. 

Archives départementales des Pyrénées-Orientales 

Registres, listes nominatives, fiches individuelles (1939-1941). Fonds préfecture. 

  • 109 W 330. Camps d’Argelès-sur-Mer : listes nominatives (1939-1940)
  • 109 W 340. Réfugiés espagnols à interner dans les camps de Saint-Cyprien et Argelès-sur-Mer : listes, correspondance (octobre 1939)
  • 109 W 141 : Etrangers internés principalement à Argelès, ou astreints à résidence dans le département, surveillance : dossiers individuels, demandes de libération ou de transfert, demandes de séjour provisoire ou de résidence dans d’autres départements (141. A- L. 346. M- Z) 1940-1941 
  • 109 W 331 (2MI61/10). Camp d’Argelès, réfugiés dirigés sur l’Espagne liste (15 juillet 1940) ; ressortissants tchécoslovaques désirant regagner leur pays : liste et notices individuelles ; internés embauchés comme ouvriers bûcherons dans l’Aude : listes (1940). 
  • 109 W 332 (2MI61/10). Camp d’Argelès, évadés : listes (1939-1941) 
  • 1260W 35-67: Entrée et sortie du camp d’Argelès : fiches individuelles. 1939-1940. 
  • 1260 W 73 (2MI61/10). Camp d’Argelès, registres des entrées. 12 mars-23 juin, 4 novembre-20 décembre 1940, nom, prénom, provenance, destination (îlot du camp). 
  • 1260 W 74 (2MI61/10). « Registre des admis », 14 mai-4 août 1940, nom, prénom, nationalité, sexe, âge, provenance, date et destination à la sortie. 
  • 1260 W 75 (2MI61/10). « Registre des admis », 14 mars-17 décembre 1941, nom, prénom, nationalité, sexe, âge, provenance, date et destination à la sortie. 
  • 1260 W 105. Compagnies de travailleurs étrangers : listes nominatives avec date et lieu de naissance, profession, situation de famille, Argelès, 227°compagnie. 
  • 1287 W 3 (2MI61/11). Situation journalière des effectifs établie par le chefs du camp d’Argelès (17 avril- 25 août 1941) 
  • 287 W 2.  Internés du camp d’Argelès détachés au Barcarès : listes par nationalité (octobre 1941) 

Fichier du camp d'Argelès-sur-Mer (post-septembre 1939)

Les Archives départementales des Pyrénées-Orientales disposent dans leurs fonds d’un fichier qui regroupe de petites fiches cartonnées venant des fichiers des camps d’Argelès-sur-Mer et de Rivesaltes. Les services des archives ont procédé à la saisie de ces fiches dans une base de données avec la reprise intégrale de toutes les informations disponibles. Cette saisie concerne le camp de Rivesaltes (29093 fiches) et celui d’Argelès-sur-Mer (56193 fiches à partir de septembre 1939).

Ce fichier ne concerne donc pas la première période de fonctionnement du camp d’Argelès-sur-Mer (février - juin 1939)  et n’est pas non plus complet concernant la période de septembre 1939 jusqu’au début de l’année 1942. Les renseignements accompagnant chaque fiche sont souvent précis en mentionnant par exemple la provenance ou la destination des internés ainsi que d’autres informations (localisation dans le camp, transferts etc). Cette base de données, disponible en salle de lecture des archives départementales des Pyrénées-Orientales, a été mise en ligne.  Elle peut être consultée (en français, espagnol et catalan) à cette adresse : 

https://www.ledepartement66.fr/les-ressources-sur-les-camps-dinternement/?fbclid=IwAR2-JmH4Ts8zwaNkpLCsnXAiDDeeAgXdAwOQCBFBH2VcM9jLyEA-pbuFeyA