Philippe Gaussot : De la frontière au camp d’Argelès
Du 21 février 2020 au 15 mai 2020

Au début de l’année 1939, Philippe Gaussot (1911-1977) est délégué à Perpignan du Comité national catholique d’accueil aux réfugiés d’Espagne. Après s’être occupé dès 1937 de l’accueil d’enfants basques dans des colonies du Sud-Ouest de la France, il poursuit son oeuvre humanitaire en portant assistance aux réfugiés qui affluent depuis la Catalogne. Il parcourt le département des Pyrénées-Orientales lors de la Retirada à bord d’un camion du Comité national catholique parcourant la frontière de Cerbère à Bourg-Madame et les principaux sites de regroupement de réfugiés. En plus d’apporter des vivres et du matériel et d’évacuer des enfants, Philippe Gaussot prendra de nombreuses photographies pour documenter l’action du CNC et témoigner au plus près de cet exode sans précédent.  

Certaines photographies prises par Philippe Gaussot lors de la Retirada serviront pour une plaquette du Comité national catholique d’accueil aux réfugiés d’Espagne éditée à l’été 1939 afin de recueillir des fonds. La plupart des négatifs dormiront dans ses archives jusqu’à que son fils ne les retrouve et les confie à l’association 24 août. Aidée par des historiens, l’association va remonter le fil de ces photographies qui retracent de 1937 à 1940 l’action du Comité national catholique d’accueil aux réfugiés d’Espagne à travers les colonies d’enfants et l’évacuation des réfugiés lors de la Retirada. La moitié de ces images ont été exposées à Madrid pour en décembre 2019 pour la grande exposition sur les 80 ans de la fin de la guerre d’Espagne. 

Pour la première fois, une partie de ce fonds franchit la frontière pour être exposé là où Philippe Gaussot a pris les clichés en 1939. En attendant une exposition montrant les différents sites de ce reportage, le Mémorial d’Argelès-sur-Mer propose de découvrir la partie des images consacrées au camp. On y voit le transfert des militaires républicains ainsi des membres des Brigades internationales vers la plage d’Argelès ainsi que des prises de vues derrière les barbelés. Des images au plus près d’une situation dantesque qui furent jusqu’à 2019 totalement inédites. Des images aussi d’une qualité graphique remarquable prises par ce futur journaliste qui Il participera à la création du quotidien Le Dauphiné libéré en 1945 où il travaillera jusqu’à son décès